moussem.eu

2011–2014

Entre 2011 et 2014, Moussem exporte sa vision au-delà des frontières nationales avec le projet moussem.eu, financé par le programme européen Creative Europe, auquel participent, entre autres, Theatergroep De Nieuw Amsterdam, Liverpool Arabic Arts Festival, Casa Arabe, Reorient et le Centre Chorégraphique National de Caen et de Normandie. Dans le sillage du Printemps arabe, le dialogue culturel arabo-européen semble plus crucial que jamais. Cette initiative transnationale se concentre à la fois sur la diffusion d’artistes européens d’origine arabe et sur la présence d’artistes non européens sur les scènes européennes14. Comme toujours, l’autonomie artistique reste une priorité pour Moussem. Le metteur en scène Sabri Saad El Hamus obtient enfin la liberté de créer quelque chose à partir de sa prédilection pour les tragédies grecques et les pièces de Beckett. Durant les préparatifs d’Oedipus in Egypte [Œdipe en Égypte], il assiste en direct sur la place Tahrir au Caire à la chute du président égyptien Moubarak. Cela transforme son spectacle en une déclaration politique puissante.

Moussem.eu génère une production considérable : quatre coproductions internationales avec des premières au festival néerlandais Oerol et au festival d’Avignon, l’expo I exist (in some way) du centre britannique pour les arts contemporains Bluecoat, la tournée du Salon littéraire arabo-européen de Stockholm à Cordoue et la création théâtrale Waiting de Mokhalled Rasem qui a également fait l’objet d’une longue tournée, avec des représentations à la Toneelhuis et au BITEF de Belgrade, entre autres.

En 2013, s’appuyant sur les idées et conceptions de moussem.eu, Moussem, ses partenaires européens et De Buren organisent le colloque multilingue l’Arabe du service / Do your arab thing. Trop souvent encore, les écrivain·e·s, les plasticien·ne·s et les acteur·rice·s arabes n’accèdent au bastion des productions artistiques faisant autorité que s’ils jouent leur « atout » arabe, s’ils correspondent à l’image de ce qu’un·e Occidental·e considère comme un stéréotype arabe. À l’inverse, une œuvre artistique n’est considérée en tant que telle que si elle obtient un label de qualité d’un commissaire d’expositions blanc ou d’une institution blanche. Comment créer un paysage artistique plus dynamique et plus ouvert dans lequel un·e artiste n’est pas jugé·e sur son identité, mais sur ses mérites artistiques Cette question reste une force motrice pour Moussem aujourd’hui.

Programme