La pensée critique en Islam

2020–2023

Moussem et VUB Crosstalks présentent une série de conférences sur la pensée critique en Islam. Dans leur conception de la civilisation islamique, aussi bien les intégristes musulmans que les islamophobes font référence à un islam initialement “pur” des origines, né il y a 1400 ans, mais qui n’a jamais existé en realité. L’Islam n’a jamais constitué un bloc monolithique, un courant homogène. Au contraire, l’histoire de l’Islam a toujours été une culture très diverse, devenue forte par l’acculturation et par le contact avec la culture grecque, perse, indienne, africaine, etc. Une histoire qui est aussi pleine de dissidence, d’hérésie et de rébellion. Ces sectes et ces courants théologiques alternatifs sont à l’origine d’une captivante culture de débat. Des penseurs du siècle d’or de l’Islam, comme Al Farabi, Averroës, Avicenne, Abu Al Alaa Al Ma’ari Abu Bakr Al Razi, Omar Khayyam, Abu Hayyan Al Tawhidi… sont les fondateurs d’une culture basée sur la raison et la science. De nombreux penseurs contemporains ont suivi leur exemple. Dans un monde complexe et globalisé, il est aujourd’hui plus que nécessaire de prêter attention à ces penseurs.
Dans ce contexte, nous présentons une série de conférences digitales, en publiant à chaque fois un nouveau texte de l’intervenant en rapport avec le thème.

LA PENSÉE CRITIQUE EN ISLAM #1 : Hela Ouardi

LA PENSÉE CRITIQUE EN ISLAM #2 : Michiel Leezenberg

LA PENSÉE CRITIQUE EN ISLAM #3 : Leïla Tauil

LA PENSÉE CRITIQUE EN ISLAM #4 : Silvia Naef

LA PENSÉE CRITIQUE EN ISLAM #5: Ali Benmakhlouf

Un stéréotype souvent répandu à propos de la civilisation islamique est qu’elle ne se composerait que d’un troupeau de croyants dociles, inféodés aux muftis, imams et théologiens. Ce serait une civilisation qui s’articule autour du dogme et part de la soumission – alors que la soumission est un élément constitutif et essentiel de chaque croyance, et le conformisme un fondement de toute communauté religieuse. L’histoire islamique est pourtant truffée de dissidence, d’hérésie et de rébellion. Dès le début, l’islam a connu de la dissidence, des sectes et des courants théologiques alternatifs qui sont à l’origine d’une captivante culture de débats. Théologiens et philosophes ont posé des questions critiques : qui est Dieu ? Y a-t-il de la place pour la liberté individuelle ou tout est-il prédestiné en islam ? Le Coran est-il un livre divin ou une œuvre humaine ? Quelle est la relation entre la raison et la foi ? Et ainsi de suite…

Des penseurs du siècle d’or de l’islam, comme Al Farabi, Averroès, Avicenne, Al Razi, Omar Khayyam, Abu Hayyan Al Tawhidi, et autres, sont les fondateurs d’une culture islamique basée sur la raison et les sciences. Aussi la plupart d’entre eux étaient-ils actifs dans des domaines comme les mathématiques, l’astronomie, la médecine, etc. S’ils jouissaient de considération au sein de la communauté musulmane, ils y étaient aussi contestés, accusés d’hérésie et d’athéisme. Dans l’histoire récente, d’autres penseurs comme Mohammed Arkoun, Nasr Hamid Abu Zayd, Fatima Mernissi, Rachid Benzine et Hela Ouardi ont suivi leur exemple.
Dans leur conception de la civilisation islamique, aussi bien les intégristes musulmans que les islamophobes font référence à l’islam « pur » des origines, né il y a 1 400 ans, mais qui n’a jamais existé en réalité. L’islam n’a jamais constitué un bloc monolithique, un courant homogène. Au contraire, l’islam a toujours été une culture diverse, devenue forte par acculturation, par intégration d’éléments d’autres cultures, par les contacts établis avec les cultures grecque, perse, indienne, africaine, etc.

C’est pour cela qu’une attention accordée à ces penseurs est plus nécessaire que jamais dans notre monde complexe actuel, où règnent la connaissance superficielle et le simplisme.

LECTURES:

Dr. Bakary Sambe - Islam et soufisme au Sénégal, le modèle a-t-il encore de l’avenir?
BOZAR 26.10.19 > Sufi Night

Michiel Leezenberg au sujet de Abu Hayyan Al Tawhidi.
deBuren 12.03.20 - 19:30 - info & tickets

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