Débat : Qui protège l'espace contre l'humanité ?

Que se passe-t-il lorsqu’une guerre prend fin, mais que la nature reste endommagée pendant des années ? Au cours de ce débat, l’artiste Marjolijn Dijkman, Babs Verhoeve, experte en justice environnementale et en criminalité environnementale, l’architecte Omar Ferwati et l’artiste Shayma Nader examinent comment les conflits armés détruisent les écosystèmes et pourquoi ces dégâts sont rarement sanctionnés. La soirée est animée par la journaliste Selma Franssen.

Que se passe-t-il quand une guerre prend fin ? Les conflits armés affectent non seulement les populations et les infrastructures, mais aussi les écosystèmes. Les sols sont empoisonnés, les sources d’eau détruites et les terres agricoles rendues inutilisables : la destruction de la nature est rarement un simple dommage collatéral, mais souvent une composante structurelle du conflit. Même lorsque les armes se taisent, cette dévastation écologique continue d’avoir un impact. La nature devient une zone occupée invisible, une zone où les communautés ne peuvent pas retourner et où la vie reste impossible pendant longtemps.

Ce débat explore l’écocide par la guerre : la destruction à grande échelle et souvent durable des écosystèmes causée par les conflits armés. La ville française de Verdun montre à quel point ces cicatrices peuvent être profondes. Plus d’un siècle après la Première Guerre mondiale, la « zone rouge » reste inaccessible : des millions d’obus non explosés et des sols contaminés rendent l’agriculture et l’habitation impossibles. Des schémas similaires sont encore observables à travers le monde aujourd’hui, qu’il s’agisse de terres agricoles et d’infrastructures hydrauliques détruites, de déforestation, de pollution chimique ou d’émissions massives causées par les activités militaires.

Pourtant, les dommages environnementaux causés par la guerre sont rarement sanctionnés. Bien que le droit international les reconnaisse déjà comme un crime de guerre, les conditions sont si strictes que les poursuites aboutissent presque jamais dans la pratique. C’est pourquoi de plus en plus de voix s’élèvent pour demander que l’écocide soit reconnu comme un crime international distinct : non seulement punissable sur le papier, mais aussi juridiquement applicable dans la pratique.

Ce débat rassemble des points de vue issus de l’art, du droit et de la recherche, avec l’artiste et chercheuse Marjolijn Dijkman, l’experte en criminalité environnementale Babs Verhoeve, l’architecte et chercheur Omar Ferwati (Forensic Architecture) et l’artiste et chercheuse Shayma Nader, sous la modération de Selma Franssen (deBuren).

Programme

19h00 : Ouverture des portes
19h30 : Début de l'événement
21h00 : Fin
Jusqu'à 22h00 : Verre et discussion informelle au bar

Billets

Les billets sont à prix libre : 3 € / 7 € (prix suggéré) / 10 €. Choisissez le prix qui correspond à votre budget. Si un billet moins cher vous permet de participer, n'hésitez pas. Et si vous pouvez payer un peu plus, vous aiderez quelqu'un d'autre à venir pour moins cher.

Biographies

Marjolijn Dijkman est une artiste multidisciplinaire axée sur la recherche qui travaille avec le cinéma, la photographie, la sculpture et l'installation. Sa pratique explore l’intersection entre la culture et d’autres domaines de recherche, en mettant particulièrement l’accent sur l’environnement en mutation rapide et ses interdépendances humaines et non humaines. En 2005, elle a cofondé l’organisation artistique Enough Room for Space avec Maarten Vanden Eynde. Elle est doctorante à la LUCA/KU Leuven (2023-2027).

Babs Verhoeve est experte en justice environnementale et en criminalité environnementale auprès du gouvernement fédéral belge. Elle possède une formation à la fois en droit et en sciences de l’environnement et travaille sur les approches juridiques et politiques des atteintes à l’environnement. Elle a précédemment participé à des initiatives concernant la criminalisation éventuelle de l’écocide. À travers son travail, elle plaide en faveur d’une législation internationale plus stricte et d’une responsabilité effective pour les dommages environnementaux à grande échelle.

Shayma Nader est une chercheuse et artiste palestinienne. Son travail explore les imaginaires et les pratiques de recherche anticolonialistes et antidisciplinaires, souvent à travers la marche et des fabulations spéculatives. Elle est titulaire d’une licence en littérature anglaise de l’université de Birzeit et d’un master en industries créatives et culturelles de la SOAS, Université de Londres. Elle est actuellement doctorante en études du développement à l’IOB, Université d’Anvers.

Omar Ferwati est chercheur senior chez Forensic Architecture, où il travaille au développement de méthodes de recherche dans le cadre d’enquêtes et à la réflexion sur la pratique de recherche de FA au sens large. Ses enquêtes ont porté sur des sujets allant des frappes aériennes à la violence coloniale, en passant par le racisme environnemental. Il a suivi une formation d’architecte au Canada et a travaillé dans plusieurs cabinets d’architecture à l’international. Les recherches d’Omar portent actuellement sur la manière dont les civils utilisent l’architecture pour survivre à la guerre urbaine et à d’autres crises.

Selma Franssen est journaliste indépendante, conceptrice de programmes et coordinatrice intérimaire dans les secteurs socioculturel et des médias. Elle développe notamment des programmes journalistiques pour deBuren, siège au jury du Prix littéraire De Boon et est l’auteure du livre Vriendschap in tijden van eenzaamheid [L’amitié en temps de solitude].

The Foragers Conversation
Co-production

« The Foragers : Engagements Beyond The Human » est un projet interdisciplinaire mêlant art et science qui réinvente la cueillette (la collecte de matériaux comestibles ou utiles dans son environnement immédiat) en tant que pratique créative et écologique. Entre octobre 2025 et décembre 2027, une série d’activités vous invite à redécouvrir votre lien avec l’environnement, non seulement dans la nature, mais aussi dans des lieux inattendus à travers la ville et ses abords.

Cette série est co-organisée par la chercheuse artistique Gosie Vervloessem, l’historien Benoît Henriet (VUB) et VUB Crosstalks, avec le soutien de l’ERC FORAGENCY et de la chaire Casterman-Hamers : Histoire et philosophie des sciences. Cet événement est organisé en collaboration avec deBuren, Oikos, Moussem et Pilar.

Conception graphique : Joud Toamah

Artiste(s) en résidence